
De l’effet BipBip à l’état de Coyote : Quand la poussière retombe
Chaque année, le scénario se répète. Après un été propice au ralentissement, à la détente et au relâchement du rythme, le mois de septembre arrive avec une promesse de renouveau… mais aussi une accélération brutale.
Pendant les premières semaines, portés par l’inertie du redémarrage, nous activons le mode Bip Bip : on fonce, l’adrénaline au maximum, pour répondre aux exigences professionnelles, administratives et familiales. Mais lorsque la poussière retombe, le contrecoup est violent. On s’arrête, on prend la mesure de la liste interminable (chantiers, entretiens, devoirs, réveils, réunions, logistique…) C’est l’effet Coyote : la fatigue accumulée surgit d’un coup, la charge mentale sature, et les mécanismes de régulation émotionnelle s’effritent.
Ce phénomène d’épuisement n’est pas anodin. Alors que le mois de septembre est marqué à l’échelle mondiale par Septembre Jaune, la campagne de sensibilisation à la prévention du suicide, il est essentiel de lever le voile sur les fragilités psychologiques qui émergent précisément à cette période de transition.
Voici ce qui se passe concrètement sur le plan neurobiologique et psychologique lorsque la « poussière retombe » :
1. La mécanique biologique du contrecoup automnal
J’aime expliquer scientifiquement les TND, je trouve que cela permet une meilleure compréhension des troubles. Je vulgarise volontairement pour que chacun puisse se retrouver dans les explications. Le contrecoup de la rentrée n’est pas qu’une vue de l’esprit ; il s’enracine dans une réalité biologique et saisonnière.
La baisse de luminosité et la dérégulation hormonale : La diminution progressive de la lumière du jour affecte la sécrétion de mélatonine et de sérotonine. Ce glissement perturbe le sommeil et favorise les états dépressifs saisonniers.
Le choc thermique et la fatigue physique : Le passage des chaleurs estivales aux températures plus fraîches demande un effort d’adaptation constant à l’organisme, pompant une énergie invisible mais précieuse.
Le phénomène cyclothymique des saisons : Alors que la nature s’apprête à ralentir, la société exige de nous une accélération maximale. Ce décalage entre notre rythme biologique interne et les injonctions externes génère une dissonance cognitive et émotionnelle épuisante.
2. Quand la poussière retombe : De la fatigue cognitive à la détresse psychologique
C’est souvent une fois l’urgence passée que le danger est le plus grand. Tant que nous sommes dans l’action brute, le cortisol et l’adrénaline nous maintiennent debout. Mais dès que la pression retombe, les garde-fous cèdent. On entre souvent en phase de « Down ».
La saturation des fonctions exécutives: La mémoire de travail sature face à l’accumulation des tâches (relance des chantiers, réunions, logistique familiale, nouveaux rythmes). Cette surcharge entame la capacité du cerveau à planifier, prioriser et prendre des décisions réfléchies.
L’épuisement du filtre préfrontal (Impulsivité et vulnérabilité): Le cortex préfrontal, épuisé par le stress continu, ne parvient plus à jouer son rôle de régulateur. L’impulsivité augmente, la tolérance à la frustration s’effondre, et des sentiments d’incompétence ou de désespoir peuvent surgir très rapidement.
Le coût démesuré pour les profils Neuroatypiques: Pour les personnes présentant un TDAH, un TSA, un fonctionnement DYS ou un Haut Potentiel, le coût du « masquage » (l’effort pour s’adapter à un cadre rigide après la liberté estivale) est colossal. Le retour de bâton peut se traduire par des épisodes de burnout cognitif sévère, d’anxiété aiguë ou de décompensation dépressive.
3. Septembre Jaune : Briser le silence et écouter les signaux faibles et oser poser des mots
Aborder la prévention du suicide dans ce contexte, c’est rappeler une réalité essentielle : la souffrance psychologique s’installe souvent dans l’isolement d’une surcharge impensée.
Face à cette détresse, un frein majeur subsiste : la peur d’aborder le sujet. On n’ose pas demander à un proche ou un collaborateur s’il a des idées noires, de peur d’« introduire l’idée » ou d’aggraver la situation.
C’est une idée reçue.
Les données scientifiques, les protocoles internationaux et les formations en santé mentale (comme les Premiers Secours en Santé Mentale – PSSM) sont formels et unanimes :
Poser ouvertement la question du suicide ne donne jamais l’idée de le faire. Au contraire, cela offre un espace de sécurité indispensable et peut éviter un passage à l’acte.
Le parallèle avec Septembre Jaune nous invite à changer de regard sur nos propres signaux et ceux de nos proches :
Comprendre la retenue… pour mieux la dépasser
Il est tout à fait naturel d’éprouver de la réserve ou de l’appréhension face à la détresse d’autrui lorsqu’on n’est pas formé à ces enjeux. La peur de mal faire, de ne pas trouver les bons mots ou de ne pas savoir gérer la réponse pousse souvent à la prudence ou au silence.
C’est précisément là que réside mon rôle et une des missions de MultifacetteS.
Grâce à mes certifications et ma formation aux Premiers Secours en Santé Mentale, je ne suis pas soumise à cette retenue. Mon rôle est d’offrir ce cadre sécurisant, capable de :
Déposer la charge sans tabou : Accueillir la parole brute, là où elle ne peut pas s’exprimer d’habitude.
« Dégonfler le ballon » : Désamorcer la pression accumulée avant qu’elle ne devienne hors de contrôle, en nommant les choses clairement et sans dramatisation.
Repérer les signaux faibles : Identifier le basculement entre une fatigue passagère et un risque psychologique avéré.
Orienter avec précision : Servir de passerelle bienveillante et structurée vers les ressources ou professionnels adaptés si la situation le nécessite.
Parler de santé mentale, ce n’est pas faire preuve de faiblesse ; c’est réintroduire de la sécurité et de la prévention là où le rythme effréné essaye de l’effacer.
4. Apprivoiser la transition : Des clés pour préserver son équilibre
Pour éviter de basculer dans le vide quand la vitesse retombe, il est crucial d’instaurer une hygiène de vie et de travail adaptée :
Ralentir intentionnellement : Ne pas chercher à tout résoudre la première quinzaine. Étaler les objectifs et prioriser l’urgence réelle.
Externaliser la charge mentale : Utiliser des supports visuels (tableaux, listes partagées) pour vider la mémoire de travail et réduire la fatigue mentale.
Ménager des temps de décompression : Intégrer des pauses strictes entre les sphères professionnelle et personnelle pour permettre au système nerveux de redescendre en pression.
Rester à l’écoute de sa santé mentale : Ne pas minimiser une tristesse persistante ou des idées noires. Parler à un professionnel de santé ou contacter des lignes d’écoute dédiées (comme le 3114 en France) est un acte de prévention vital.
Accompagner les rythmes et préserver l’humain avec MultifacetteS
Comprendre la complexité des rythmes humains, anticiper la surcharge et prendre soin de la santé mentale individuelle et collective, c’est la raison d’être de MultifacetteS.
Nous vous proposons un accompagnement global pour transformer la pression en un équilibre durable :
Bilan Découverte Facettes : Identifier vos modes de fonctionnement, vos zones de vulnérabilité et vos leviers de régulation de la charge mentale.
Accompagnement Dirigeants & Managers : Construire une culture d’entreprise bienveillante, capable de prévenir le burnout et de repérer les signaux de détresse au sein des équipes.
Stratégies Neuroatypies & Santé Mentale : Des outils concrets pour apprivoiser l’impulsivité, canaliser l’énergie cognitive et traverser les transitions saisonnières en toute sérénité.
🤝 Ne restez pas seul(e) face à la poussière qui retombe. Ne soyez pas le Coyote trop longtemps
Si le rythme vous dépasse ou si vous souhaitez protéger vos équipes, prenons un temps d’échange.
👉 Et si vous ou un proche traversez une période difficile, des professionnels sont à votre écoute 24h/24 et 7j/7 au 3114, le numéro national de prévention du suicide).

